Éric Thoby, fondateur d’AgoraExpat : « Les systèmes d’assurance santé américain et français ne sont pas transposables »

Présentation

1. Qui êtes-vous, Eric Thoby ? Et Comment êtes-vous arrivé dans l’assurance ?

Je ne suis pas tombé dedans comme Obélix est tombé dans la soupe, mais presque. Avant de créer ma société de distribution et de conseil en assurances pour expatriés, AgoraExpat, j’ai travaillé pendant plus de 20 ans avec des français expatriés à l’étranger.

J’ai occupé des postes de conseil en gestion de patrimoine, de conseil en investissement financier et immobilier et de conseil en assurance santé.

Pour répondre aux problèmes liés à la mobilité internationale et à l’assurance santé, j’ai décidé de fonder AgoraExpat, où j’ai pu transposer la notion de conseil en ayant moi-même fait l’expérience de l’expatriation et de la problématique de l’assurance santé aux États-Unis.

2. Pouvez-vous nous parler d’AgoraExpat et de votre parcours en tant que président de cette société ?

La création de AgoraExpat est un pur concours de circonstances. A l’époque, je travaillais en tant que directeur de la filiale Nord-américaine d’un groupe français de conseil en gestion de patrimoine.

Constatant que la régulation avait fortement évolué et que les solutions du marché n’étaient plus d’actualité, nous avons décidé de monter une société qui proposait des solutions plus économiques avec des meilleures garanties à nos clients.

Nous avons ainsi noué des partenariats avec 8 sociétés françaises afin de nous adapter au mieux aux besoins de nos clients.

Spécialité

3. En tant que spécialiste de l’assurance expatrié, quelles tendances observez-vous du côté de cette offre ? Quelle est votre offre qui marche le mieux ?

Nous voyons 3 principales catégories de demandes d’assurance expatrié :

  • Expatriés sur place : ce sont les français installés à l’étranger et qui connaissent déjà la problématique de l’assurance (système et coût). Ils vont comparer des choses qu’ils connaissent. La part de conseil est moins importante pour ces clients.
  • Expatriés en partance : il s’agit de la catégorie la plus croissante avec la mobilité que l’on connaît aujourd’hui. Ces personnes sont en partance de France temporairement ou de manière permanente. Ils sont moins expérimentés et ont besoin qu’on leur explique que les coûts ne sont pas les mêmes et les deux systèmes non transposables.
  • Expatriés temporaires : ce sont les français aux situations d’expatriation variables : cela peut être un français qui part en Australie ou au Canada, dans le cadre des études ou en année sabbatique. Leurs problématiques et besoins sont faciles à identifier dans la mesure où ils vont avoir besoin d’être couverts pour une durée spécifique et avec un budget déterminé.

Notre plus-value sera d’intervenir sur les situations plus complexes (conditions médicales préexistantes, maternité, partance dans des pays aux coûts médicaux élevés, etc…), où le client pourra bénéficier de l’expertise d’un conseiller qui connaît bien le sujet. Les problématiques bien identifiées trouveront quant à elles facilement réponse en ligne ou sur les sites de comparateurs.

4. Vous avez eu l’occasion d’exercer dans le domaine de l’assurance santé en France et aux États-Unis, quelles sont les différences qui vous ont le plus frappées entre ces 2 systèmes ?

Il est important de savoir que ce sont deux systèmes non-transposables et non-comparables. Aux États-Unis, les coûts de santé sont multipliés par dix par rapport à la France. Une consultation qui coûte 23 Euros en France coûtera 200$ aux États-Unis. Une journée à l’hôpital peut coûter jusqu’à 8000$ au pays de l’Oncle Sam. Le système de santé aux États-Unis est essentiellement privé, même si cela a changé avec Obamacare et qu’un américain sur deux est couvert par son entreprise. Aux États-Unis, il n’y a pas de contrat qui couvre à 100% comme c’est le cas en France.

Il y a 4 éléments à regarder avant de souscrire une assurance santé aux États-Unis :

  • Co-insurance : il s’agit du reste à charge une fois la franchise atteinte.
  • Déductible (équivalent d’une franchise) : somme à débourser avant même que l’assurance n’intervienne.
  • Co-payment : participation fixe qui s’applique sur les soins obligatoires généralistes et spécialistes
  • Maximum out of pocket : plafond maximal de ce qui revient à la charge de l’assuré

Tendances

5. Quels segments ou produits de l’assurance sont les plus prometteurs ? Quels sont ceux qui vont connaître la croissance la plus intéressante ?
Notons tout d’abord que la France est un marché très mature et développé et que les acteurs européens et français sont parmi les leaders mondiaux. Je pense que l’assurance de personne, de responsabilité civile, d’indemnité journalière, perte d’emploi et autonomie sont les assurances au potentiel le plus prometteur.
6. Quelles sont, d’après vous, les technologies ou innovations qui vont révolutionner le secteur de l’assurance ?
Les modes de distribution et de comparaison digitaux ont grandement facilité l’accès à l’assurance. En 20 ans, le secteur de l’assurance français est passé d’un système traditionnel basé sur le papier à un mode de fonctionnement centré sur le digital. Ces outils sont particulièrement utiles lorsque le besoin est facilement identifiable. Ceci dit, l’approche conseil reste précieuse lorsque le besoin est plus complexe.

Mot de la fin

7. Qu’est -ce qui vous agace le plus dans le secteur de l’assurance ?
Le système de santé américain complexe et très “business”. Ici, les médecins ne vont pas hésiter à vous vendre une radio de la main ou de la rééducation. Une simple consultation peut vous coûter des milliers. C’est d’autant plus frustrant qu’il y a un double marché. C’est la même chose pour les médicaments, conséquence d’un gros problème du lobbying. Un spray nasal qui vous coûtera 29 Euros en France coûtera 100 Dollars aux États-Unis. Il s’agit donc d’un vaste système qui est compliqué à réformer.
8. On voit de plus en plus de startups proposant d’assurer divers objets ou accidents du quotidien. Qu’est ce qui selon vous n’est pas assuré et devrait l’être ?
On peut rapidement être confronté à des problèmes juridiques, retrouver sa responsabilité engagée auprès d’une tierce personne, ou se retrouver accablé de frais d’avocats. Les assurances légales – très demandées dans les sociétés anglo-saxonnes – mériteraient d’être davantage développées sur le marché français.

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